Fabien Labarthe, MCF en sciences de l’information et communication, responsable du master Design de communication de Télécom Saint-Etienne et membre du laboratoire ELICO du site Lyon-Saint-Etienne a dirigé l’ouvrage collectif « Politiques d’usage. Les sciences de la communication aux prises avec l’innovation numérique ».
Alors que la France est engagée depuis le début des années 2000 dans une politique de rapprochement des mondes industriels et scientifiques (dite de « clusterisation »), à travers par exemple la mise en place de « réseaux d’innovation » ou de « pôles de compétitivité » permettant d’établir de nouvelles relations avec les territoires, on assiste parallèlement à la montée en puissance d’une nouvelle norme de l’action publique en matière de soutien à l’innovation qui vise à inciter l’implication des usagers au sein de ces processus. L’objectif énoncé de cette nouvelle forme d’innovation est double : coller au plus près des besoins des usagers, tout en réduisant les incertitudes de l’appropriation des produits ou services qu’elles développent.
L’ouvrage interroge ces « politiques d’usage » à partir des multiples médiations sociotechniques telles qu’elles ont été vécues par les chercheur.es en sciences de la communication impliqués dans de ces projets d’innovation numérique. Ces chercheur.es rendent compte de trois enjeux majeurs de leur participation à ces processus : la fabrique de la catégorie d’usager, le dialogue des sciences sociales avec les parties prenantes, les dilemmes que suscitent leur implication dans ces modalités de l’innovation numérique.
Au-delà de cette publication, ces travaux trouvent également un prolongement dans les orientations pédagogiques de l’école. Cette réflexion illustre les orientations de la filière information-communication (Bachelor Global Communication & Digital Design et Master Design de Communication, Innovation Médiation Numérique), mais aussi celles de la nouvelle filière ingénieur sous statut apprenti Numérique Responsable. Concevoir à la fois une communication et un numérique « responsable », c’est avant tout penser à leurs impacts sociaux. Former nos futurs étudiants et ingénieurs à ces enjeux de médiation et d’usage est au cœur de nos formations.